Coiffure Hommes Noirs

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En quoi le texte littéraire africain est-il caractérisé comme « picaresque » ? Qu’est-ce qui rend les personnages « picaresques » ? Quelle pourrait être la spécificité d’une écriture picaresque africaine ? Quels sont les enjeux esthétiques et sociaux d’une telle forme d’écriture dans l’espace littéraire africain ?

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Telles sont les questions qui se posent et c’est dans cette perspective que nous allons tenter de répondre à la grande question du picaresque dans la littérature africaine francophone au travers du roman Chemin d’Europe de Ferdinand Oyono (1960). Nous examinons, plus particulièrement, l’intrigue, la structure, les personnages, la thématique et le style langagier du récit.

Pour mieux cerner le contexte de ce travail, il s’avère important de définir le terme « picaresque » tel qu’il est employé en littérature.

Provenant du terme de la racine espagnole « picaro », « picaresque » est conçu comme une approche littéraire adoptée par les auteurs africains (dans notre contexte), et ayant comme personnage principal, le « picaro ». Ce personnage est caractérisé de bas niveau, méprisable, malhonnête, sans honneur et sans dignité… (Molho, 1990, Souiller, 1980). C’est en ce même sens que Saldana (1926) associe le terme « picaro » à « esclave » pour parler d’« une personne/un caractère déguenillé(e), ou affamé(e) ou paresseux (euse) ». Pour cet auteur, le picaro est dit « pauvre » de tout. Il dépend d’autrui, il ne peut rien. Dépourvue du moral, c’est une personne qui mène une vie difficile. Ceci est repris par Siary (2005) :

Le récit picaresque est censé relater la tranche de vie, parfois de suivi d’un narrateur à la première personne qui est un picaro, c’est-à-dire un pauvre, un rebut de la société.

Le picaro, homme marginal et privé de la bonne-vie (Bodo, 2005), se transforme devenant ainsi, au bout du compte, protagoniste dans des textes africains francophones picaresques, les récits dont les aventures se développent autours des picaros. Le chevaleresque, genre littéraire ayant précédé le picaresque, a comme protagoniste, un héros, un être glorifié et valorisé, gagnant tous les combats (Euvremer, 2000). Le style chevaleresque avait dominé l’époque, les auteurs s’en servant pour défendre les particularités de l’époque (les hauts faits militaires) dont les personnages sont valeureux et vertueux, riches, glorifiés, prestigieux… (Vecchio 2011). Le genre picaresque est né comme réaction contre le précédent. Alors que le personnage du chevaleresque est élevé, royal et valorisé, celui du picaresque est des basses classes de la société touchée du chômage, de faim, de pauvreté… (Souiller, 1980).

Nous exploitons en profondeur la question du picaresque dans le roman de Ferdinand Oyono, Chemin d’Europe publié en 1960.

Chemin d’Europe est un récit autobiographique de son auteur, Aki Barnabas. Il raconte sa vie et plus particulièrement son désir éternel d’explorer la France un jour dans sa vie. Son père l’amène au séminaire de l’église catholique, où, lui, travaille comme jardinier. Ce petit est néanmoins chassé, ayant été soupçonné de se mêler à des relations homosexuelles. Originaire d’un milieu pauvre, mais bien éduqué, il nourrit le rêve de se rendre en Europe pour poursuivre ses études. A cet effet, il exerce différents métiers hors du séminaire, faisant l’impossible pour réaliser son aspiration. Il cherche à plaire à tous ceux avec qui il entre en contact (ses maitres), tous blancs, ceci le rapprochant d’un autre monde, celui des blancs. Ceci est un vrai pas vers son espérance.

Son premier emploi consiste à être rabatteur chez M. Cimetierre, où il plait à l’administrateur qui livre des bourses pour la France mais n’en obtient aucune. Il travaille ensuite comme enseignant pour la fille des Gruchet. Il devient, après, plumitif et accompagnateur de touristes pour M. Hébrard. Il finit par joindre une église de la Renaissance Spirituelle, où les portes s’ouvrent pour son rêve attendu.

Bref, ce personnage est mieux instruit que ses pairs, d’abord au séminaire, puis chez ceux qui l’avaient employé. Malgré tout cela, il manque des capacités pour s’assurer le succès. C’est pour cela qu’il est dit picaro. Il affirme ceci en ces termes :

…. Si grand était le nombre d’ignorants chez nous, à cette époque, qu’ils ne cessaient d’affluer pour me contempler, me toucher  (Oyono. P. 13)

La vie du personnage principal (Barnabas) est racontée dès le plus jeune âge à la maturité et-ce à la première personne. C’est le personnage principal qui narre ces expériences, le parcours de sa vie personnelle. Molho (1968) renforce l’idée que le « je » ne réfère qu’à celui qui raconte.

L’histoire est entourée de faits dramatiques, de situations desquelles le picaro ne peut pas s’échapper. Tout au début, Barnabas est chassé du séminaire où il avait atteint la connaissance et le prestige et cela lui permettait de travailler d’abord dans la boutique de M. Kriminopoulos puis pour bien d’autres maitres. Il échoue chez M. Kriminopoulos et cherche à aller travailler ailleurs, soit la citation suivante :

J’aurais pu être embauché par le grand employeur du pays, l’Administration […] Voila pourquoi j’échouai chez M Kriminipoulos (Oyono. p.19)

Le héros de l’auteur veut bien changer, arrêter de pratiquer le mal mais plus il veut en sortir, plus le mal l’invite. Barnabas avoue avoir commis des péchés au séminaire à plusieurs reprises malgré son grand désir de se rendre vers la lumière, vers l’Europe :

Je ne savais plus où j’en étais, m’octroyant raison et erreur tour à tour, et la notion même du péché finit par perdre pour moi sa signification. (Oyono. P. 16)

Ceci était après qu’il avait été chassé pour avoir été soupçonné de pratiques homosexuelles dans le séminaire :

J’avais été compromis dans une prétendue affaire d’amitié particulière avec un métis du Gabon, être chétif et sensible qui me faisait pitié (Oyono. P. 14)

Je m’installais à coté de lui, et ne tardais pas à somnoler de plaisir dès que ses doigts de fille se reposaient sur le clavier (Oyono. P. 14)

Laurent était pour moi comme un petit frère prodigieux dont j’encourageais les élans et protégeais le génie. Mais ma passion finissait, en dépit de ses brusques pudeurs, ses révoltes subites, simples obstinations intenses mais éphémères qui pouvaient illusionner, par le résorber petit à petit en moi : il était devenu ma chose (Oyono. P. 15)

Enfin, quitter le séminaire lui devient un moyen de se venger contre le directeur qui l’avait accusé du crime. Il dit ce qui suit :

J’avais, hélas ! Trop présumé de la joie que mon retour susciterait : on avait fondé sur moi des espoirs exagérés,- ne devrais-je pas devenir le premier pape noir ? (Oyono. P.16)

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Ma rancune s’en exacerbait et je mis à envisager des possibilités et des moyens de vengeance contre le directeur du séminaire. (Oyono. P.18)

Hors du séminaire, le mal ne le quitte pas mais suit sans cesse le picaro malgré ses efforts d’en sortir. Après quitter M Kriminipoulos, il commence à travailler chez M Gruchet où il admire et fantasme de passer de bons moments avec madame Gruchet, la femme de son nouveau maitre. Ceci est affirmé ci-après :

Je préférai les chaines invisibles du secret, du silence, réservant néanmoins toute initiative contraire à cette femme blette que les déboires conjugaux avaient tout à fait liée à Dieu ! […] Elle m’attirait, m’excitait avec tout le romantisme de la femme blanche interdite, et ma nature inquiète, enthousiaste et passionnée, avait fait de ce sentiment quelque chose qui dépassait toutes les limites…(Oyono. P.49).

Il regrette mais se trouve toujours du côté du mal. Soit les citations ci-dessous :

Je ne suis qu’un mauvais fils ! finis-je par dire avec une brutalité qui pouvait ressembler à un accès de repentir sincère…. Je ne suis qu’un zéro ! continuai-je. Qu’ai-je fait d’utile jusqu’ici dans ma vie ? (Oyono. P.89)

Ce ne fut ni la peur ni la timidité qui m’en empêchèrent, mais un sentiment d’impureté qui me donnait le dégoût de moi-même, tant c’était visqueux et collant… (Oyono. P.85)

Que faire ? Renverser cette femme, et en finir tout de suite, j’aurais dû le faire depuis un moment — ou l’écraser contre le mur, la prendre debout avant que ne réapparut quelque importun ? (Oyono. P.77)

Tout au long du récit, nous dégageons trois moments de la vie du protagoniste : l’enfance, l’adolescence et la maturité. L’enfance est marquée par la séparation de ses parents et par l’éducation du picaro. L’auteur affirme ce fait en ces termes :

Il m’avait inscrit à l’école des prêtres qui l’employaient ; ils me prirent en partie à leur charge, probablement pour compenser ainsi le salaire dérisoire qu’ils lui octroyaient e, échange d’un travail qui durait jusqu’à la tombée de la nuit… (Oyono. P.11)

… c’était dans cette boue vorace que nous allions enterrer mon père, en peinant derrière le révérend père D … […] (Oyono. P.59)

Au cours de son adolescence, le protagoniste mène une vie difficile. Son père étant décédé assez tôt et sa mère ne fabriquant et vendant que l’alcool de maïs, il doit se débrouiller pour gagner sa vie et aider sa mère. Barnabas travaille chez différents maitres pour cette même raison et son interaction avec ces derniers lui est un moment d’apprentissage. Quand il atteint l’âge d’adulte, il n’est plus dépendant mais indépendant de ceux qui l’entourent. Il ne travaille pour aucun maitre, son esprit chargé des pensées de se libérer.

Le picaro interagit avec les nobles (Kriminopoulos, Gruchet, Hébrard), le clergé (les séminaristes, Père D), « les bourgeois » ainsi que « les gens du peuple » (Fimsten Vavap) et les gens des classes inférieures (des domestiques, cuisiniers, maitres…). La diversité de ces personnages expose la composition de cette société. Du coup, le protagoniste vit des situations variées, rencontrant ainsi des personnages appartenant à toutes les couches de la société.

Les nobles sont qualifiés d’ « injustes, infidèles, inconsidérables, ingrats… » Bref, les gens chez qui rien n’est appréciable : les rapports amoureux entre mademoiselle Gruchet et le curé, l’instructeur, et encore entre M. Gruchet et Anatchia, la prostituée… en sont les exemples :

– Mais dites moi, que faisiez-vous avec M. le curé ? Vous ne remâchiez pas vos connaissances ?

– Ce n’était pas la même chose. (Oyono. P.81).

Et quand les troupes remontèrent vers le Nord, M. Gruchet ne partit point avec elles, mais vint filer le parfait amour au quartier indigène avec une jeune négresse aux phénoménales rondeurs… enfin il disparut. (Oyono. P.44).

Le clergé, lui, est montré comme « hypocrite, cupide, avare, malhonnête et luxurieux ». Les actions du curé, précepteur de la jeune fille des Gruchet et Anatchia, témoignent ce fait.

Les professionnels : aubergistes, domestiques, artisans, médecins, juges, avocats font partie de ceux qui se retrouvent stéréotypés. Dans notre texte, Barnabas rencontre la fille des Gruchet qui porte un regard stéréotypé sur les noirs :

Mes jambes se dérobèrent. « Comment dois-je lui apparaitre, mon Dieu ! me demandais-je. Je vais quand même faire venir votre mère, dis-je.

– J’dirai que vous mentez : papa et maman savent que tous les nègres sont des menteurs, des voleurs (Oyono. P.81).

Barnabas rencontre Fimsten Vavap, un vieux vivant au village. Celui-ci représente les indigènes qui tiennent au cœur leur culture. Le protagoniste se distance de ce groupe. Il a pitié du vieillard :

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Je dus subir la glaireuse sympathie me valant un affreux picotement dans les narines au contact poisseux de sa peau, lui dont je n’aurais, peut-être, qu’effleuré la main de la mienne qu’il s’empressa de cueillir, d’emprisonner dans ses paumes calleuses […]. (Oyono. P.100).

On voit ici le héros d’Oyono se révolter contre la façon de vivre et de faire de son peuple, sa propre société. Il prend de la distance avec son identité. Ainsi le déclare-t-il :

Cela lui permit de se passer, en y introduisant le premier électrophone du pays, de ces flegmatiques musiciens noirs indisciplinés, illettrés, bizarres, tarés peut-être, qui eussent fait les délices de sa clientèle s’ils ne s’étaient obstinés stupidement à demeurer fidèles à leur bouge sous des prétextes fallacieux, puérils, vexatoires même, par exemple […] (Oyono. P.117).

Parlant de Madame Hébrard, le picaro fait allusion à un pays qui ne lui plait pas. Il dit :

…le crane de bigoudis tous les soirs avant de se coucher, pendant vingt-et-un ans, dans ce pays sans coiffeur où il fallait tout faire soi-même, Mme Hébrard s’était enfin aperçue que le climat, l’alcool, les fausses couches, les maladies, tous les maux coloniaux, par une cruelle et machiavélique alchimie étaient en train de la transformer en une sorte de négresse ocre […]. (Oyono. P.121).

En route vers la ville puis l’Europe, il rencontre le conducteur du car qui les conduisait, les motoboys (p 157) et Bend-janga-Boy (p 162- 165). Tout cela avance le récit d’Oyono. Ces personnages sont de la classe inférieure de la société. Avec ces personnes, Barnabas semble être à l’aise, ils s’interagissent plus facilement.

Bendjanga-Boy dit à Barnabas :

Barnabas ! ceux qui t’ont dit : il faut partir las-bas, y sont pas tes amis… ! On peut faire un formidable équipe, tous les deux, c’est moi qui te le dis[…]On deviendrait les rois de crevettes dans le pays (Oyono. P.166) …

Comme démontré ci-dessus, le picaro est en constant contact avec des gens. Il fréquente surtout des miséreux qui vivent dans les villes, les escrocs, les bandits de grand chemin, les voleurs. Il désire ce qui ne lui appartient pas, et finalement il sort de la situation pitoyable. C’est le mal qui le libère des situations délicates. Barnabas, après souffrir, réalise son rêve.

Ferdinand Oyono présente le récit d’une façon particulière et amusante, les aventures de l’homme qui s’expose à toutes sortes d’expériences.

Le roman est un reflet de la période coloniale ; il s’agit d’un pays africain, le Cameroun, qui représente le continent d’Afrique, colon de l’Europe et autres. Les maitres dans ce récit, colonisateurs, représentent la société de l’époque. Les personnages et leurs expériences témoignent les composantes de la société : le monde des Noirs d’un côté et celui des Blancs de l’autre. Pour Oyono, ces deux groupes coexistent en se tolérant mais s’opposent l’un à l’autre à tout moment. Pour Barnabas, les Blancs semblent de grands obstacles à sa progression et son bonheur dans la vie. Kriminopoulos, Mme Gruchet, les Hébrard et le Gouverneur représentent ce genre de gens.

L’auteur montre que le Noir, lui aussi, est un être comme les autres, ayant sa place et sa valeur dans le monde. Il renonce au mépris de ce peuple, à sa dévalorisation. Par ses écrits, il démontre l’injustice contre le nègre.

Le personnage principal est un jeune homme noir qui est à recherche d’une vie autre que celle qu’il connait, alors que les autres personnages représentent le monde colonisé. L’auteur introduit Kriminopoulos et Hébrard, pour représenter le monde européen. L’auteur fait interagir tous ces personnages à un moment donné dans le récit pour démontrer les actions telles qu’elles se présentent dans le monde colonial de l’époque ; c’est un monde d’injustice, de souffrance, d’oppression, bref, de tous les maux.

Pour Barnabas, l’étranger lui serait une solution, un moyen de s’échapper des injustices vécues dans son pays natal. L’auteur veut bien exposer les pratiques des colonisateurs en faisant entrer Barnabas dans leur monde. Barnabas ne pense qu’au bonheur chez autrui, chez les blancs, ceci se constatant dès le début du récit jusqu’à la fin. Oyono expose ici le désir des Africains de vouloir fuir leurs problèmes au lieu de s’y confronter, ceci expliquant, peut-être, la raison pour laquelle les Africains dépendaient des pensées d’autrui et c’est ainsi que le colonisateur a pénétré le continent.

La littérature picaresque suit un style particulier caractérisé par l’humour et l’ironie. Dans la narration, l’auteur fait des retours au passé, ceci pour introduire le personnage principal du roman dans sa société et à faire évoluer le récit toujours autour de ce personnage. De cette façon, le lecteur reste intéressé et attentif à la suite de l’histoire. Le « flash back » permet à l’auteur de présenter la vie du protagoniste dès son enfance jusqu’à l’âge d’adulte.

L’auteur emploie également l’humour pour faire progresser l’histoire d’une façon plaisante. Pour Barnabas, les Européens portent un regard négatif sur l’Afrique jusqu’à raconter des faits mensongers sur le continent. Ainsi Oyono écrit ce qui suit :

Ces chevaliers de l’Aventure, des deux sexes et de tous âges, nous arrivaient, hors d’haleine, la mine épanouie. On avait l’impression qu’une usine les catapultait ici, le cou tendu, autour duquel on avait glissé l’étui d’une caméra qu’on leur vissait ensuite à l’œil, figeant ainsi dans une indistincte mimique leur visage qu’ombrait un énorme casque de liège. Alors, téléguidés, pétris d’un enthousiasme facile éclatant à l’amoncellement des ténèbres comme au déchaînement subit d’un orage, devant quelque pauvre diable, un singe, une femme nue ou un fou, ils étaient là, aux aguets, à la recherche des rites, prompts à dévisser le capuchon de leur stylo, à pister le sauvage, le bon sauvage de leur enfance vierge des stigmates du temps ; le « Bamboula ! » et à écrire un livre, un grand livre, qui n’eût jamais été écrit sur ce pays et dont le titre ricochait aussitôt sur le zinc du toit avec les bouchons de champagne, parlant de ce continent dont ils étaient tous aptes à saisir et à expliquer, tout de go, l’unique et l’inexprimable !  (Oyono. p. 115)

L’auteur emploie la fiction pour dévoiler un monde hypocrite et contradictoire. Cette fiction fait rire mais sert à solliciter une société moins injuste, un monde purement humain. C’est ainsi que l’auteur peint le fait que les Blancs ne se fatiguent pas dans la propagation de l’injustice coloniale.

L’amplification, style littéraire qui consiste à faire l’exagération est employé tout au long du texte. Oyono exagère quand il nous fait part des autres caractères du récit tels les nobles (M Hébrard).

Jamais femme ne poussa pareils cris de porc qu’on égorge, à la vue de son beau quinquagénaire de mari au front lisse et aux tempes argentées, que le destin utilisait ainsi pour nous venger de sa femme, bête, venimeuse, prompte à mordre, à faire souffrir (Oyono, P.121)

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Ceci aura l’effet de renforcer l’idée du « colonialisme », un fait qui rend les êtres pratiquant ce vice peu humains.

C’est pareil quand l’auteur parle des aventures de M Gruchet et des relations sexuelles avec les nègres. Il fait ceci avec l’une après l’autre :

On crut au miracle mais on ne tarda pas à déchanter en le devinant avec une autre opulente négresse dans une superbe Primaquatre dont la pointe du capot portait un drapeau tricolore avec une croix de Laurraine dans sa petite blanche. (Oyono. P.45).

L’auteur fait évoluer le récit par l’ironie. Le fait de pratiquer l’homosexualité au séminaire par Barnabas quand c’est le refuge de ceux qui ne veulent jamais se mêler aux relations corporelles quelconques est ironique.

Barnabas exalte les femmes de ses maitres blancs telles Mme Gruchet, Mme Hébrard mais peint leurs maris négativement. Cela est ironique. On penserait que les Blancs sont tous colonisateurs et non que les femmes ne le sont pas ou le sont mais à un moindre degré. Il glorifie les femmes alors que la fille des Gruchet, le trouve, lui, un monstre. Ainsi déclara-t-il :

– J’dirai que vous mentez : papa et maman savent que tous les nègres sont des menteurs, des voleurs (Oyono. P.81).

Le langage du picaro est poli, c’est le langage savant. Ayant été formé, il n’est pas comme les autres. Son discours est populaire et simple mais quelquefois comporte des néologismes. C’est au travers du langage qu’il agence ses besoins ; il doit donc se faire comprendre.

Comparé aux autres caractères, celui de Barnabas est différent. Voire le discours du boy que rencontre Barnabas :

C’bon qu’t’as ‘té là-bas, mem’ si t’es d’venou pou’quoi qu’t’es pa’rti […] (Oyono. P.29).

De façon générale, le ton, le langage, le héros et la thématique du roman picaresque remplissent tous une fonction : celle de la « démystification ». L’homme noir cherche à se battre contre l’inégalité, l’aliénation, la marginalisation.

Le récit centré sur un picaro le caractérise comme un être qui n’a rien, qui ne peut rien et qui ne sait rien. C’est un être faible, inutile, inconséquent, dépourvu des moyens d’affronter le monde si hostile où il vit. La vie du personnage est racontée : sa famille, son éducation, ses premières expériences et tous les autres cours de sa vie. Celui-ci est constamment exposé à un milieu hostile. Progressivement ce personnage développe des mécanismes de surve, grâce aux moments difficiles et compliqués qu’il vit. C’est ainsi qu’il commence à voir clair et par conséquent se bat contre les maux vécus.

Ainsi, Oyono réussit à communiquer la réalité du monde colonial et ouvre les yeux des Noirs concernant leurs propres moyens de vivre.

Le temps (la jeunesse), l’espace (le village et la ville), tous contribuent au picaresque. La jeunesse le rend incapable d’agir de façon indépendante, il est pauvre d’idées. Au village, la famille n’a pas les moyens de vivre, il est déguenillé et affamé. Il se déplace en ville pour chercher de quoi vivre. Conséquemment, ses yeux s’ouvrent à la réalité cruelle du monde. Il part enfin en Europe. Le chemin d’Europe s’accomplit. Barnabas est un picaro.

Bodo, B. C. (2005). Le picaresque dans le roman africain subsaharien d’expression française

Euvremer, R. N. (2000). La littérature espagnole au Siècle d’or. Paris, Armand Colin

Oyono, F. (1960). Chemin d’Europe. Paris, Julliard

Saldana, Q. (1926). « El picaro en la literatura y en la vida espaňoles ». In. Nuestro tiempo, Madrid, Vol. XXV, p. 193-218.

Siary, G. (2005). « Echos picaresque dans le roman contemporain », Pazlauhesh-e Zabanha-ye-Khareji, No. 21

Souiller, D. (1980). Le roman picaresque. Paris, P.U.F

Molho, M. (1990). « Le roman picaresque ». In. Encyclopaedia Universalis. Paris : Ed. E. U. Vol. 18, p. 306.

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Vecchio, G. (2011). Du roman de chevalerie au roman picaresque : la rupture du lignage. Consulté le 13 Septembre 2019 à l’adresse https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00684009

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