Grossiste Coiffure La Vache Noire

Grossiste Coiffure La Vache Noire – Grossiste Coiffure La Vache Noire

Gué de Constantine, communément appelée Semmar, dans la banlieue sud d’Alger, à une dizaine de kilomètres de la capitale. Nous sommes au cœur du quartier des grossistes, plus grande plateforme, assure-t-on, de vente de produits alimentaires de tout le pays.

Homepage - Franck Provost

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Première image qui interpelle le visiteur : le contraste violent entre les milliards que brasse ce marché de gros et l’état catastrophique des routes ainsi que la grammaire chaotique des constructions, dont beaucoup sont encore inachevées. Le choc visuel fait tout de suite penser qu’on n’est pas sorti de l’urbanisme de guerre des années 1990.

Le paysage urbain est constitué pour l’essentiel d’une succession de bâtisses imposantes, des R+3 et plus, avec des garages débordant de toutes sortes de marchandises. Des graffitis «Houria Lel Mouloudia» (Liberté au Mouloudia) sont tracés sur des murs gris. De fait, le gris ciment et le rouge brique sont les couleurs dominantes par ici.

Un va-et-vient de camions de livraison provoque un boucan d’enfer par ce lundi printanier. Dans les magasins pleins à craquer, se côtoient sacs de farine, fardeaux d’huile végétale, de sucre, de café, de thé, de détergents, de confiseries, de couches bébé et tous les produits de consommation qu’on peut imaginer. «Les gens viennent des 48 wilayas pour s’approvisionner ici : de Sétif, Annaba, Oran, Tamanrasset, de partout», indique un commerçant, avant d’ajouter : «Ce marché est né en 1991, mais c’est à partir de 1997 qu’il a commencé véritablement à s’imposer.»

Nous pénétrons dans l’une des artères principales de ce lotissement. A un moment, nous levons la tête pour lire le nom de la rue indiquée sur une plaque de couleur bleue. La plaque résume à elle seule l’histoire récente, douloureuse, de la commune. De fait, cette rue connue sous le nom «Caseneuve A» a été rebaptisée Tahar Belbadaoui, en précisant «El Moudjahid El Moughtal», le «moudjahid assassiné» (1932-1996).

Manifestement, il a été victime d’un attentat terroriste. Une dépêche APS précise que la plaque est récente et fait partie de 15 autres plaques de rue posées lors d’une opération de «rebaptisation de plusieurs quartiers et établissements scolaires» le 18 février 2018, à l’occasion de la Journée du chahid. Mais cela ne change rien à l’état désastreux de l’environnement urbain. La chaussée est hérissée de pierres, de gravats, et criblée de nids-de-poule qui la rendent impraticable.

«Le vote ne me concerne pas»

LA VACHE NOIRE - TconcepT

LA VACHE NOIRE – TconcepT

Incursion dans un magasin pour prendre la température au sujet de la prochaine élection présidentielle. L’un des vendeurs, calculette en main, nous regarde d’un air méfiant, tandis que son collègue, un jeune dans la trentaine, casquette vissée au crâne, s’enquiert d’un air dubitatif de la raison de notre présence. Nous n’avons pas fini d’énoncer l’objet de notre requête ponctuée du mot-clé «présidentielle» que le jeune homme coiffé d’une casquette rétorque, lapidaire : «El vote khatini» (Le vote ne me concerne pas), comme si l’élection était l’affaire d’un collège d’initiés. Les deux négociants coupent court à toute velléité de sondage avant de se replonger dans leur comptabilité.

Nous nous arrêtons ensuite devant un semblant d’attroupement à quelques dizaines de mètres de là. Renseignement pris, il s’agit de «hammaline» qui «louent leurs bras» aux grossistes du coin pour décharger les camions de livraison. En attendant qu’un «semi» se pointe, ils papotent, adossés à un garage. D’autres jouent aux dominos. Samir, 37 ans, marié et père de deux enfants, est l’un de ces candidats. «Je fais ça pour boucler mes fins de mois. On se fait une moyenne de 4000 à 5000 DA pour un camion et jusqu’à 10 000 DA si on décharge un conteneur», affirme-t-il.

«Mais on n’a aucune assurance.» Un grossiste indique, de son côté, qu’il paie les déchargeurs 400 à 500 DA pour les petits cartons, «et ça peut aller jusqu’à 2000 DA pour les marchandises les plus lourdes». Interrogé sur ses intentions de vote, Samir sourit d’un air narquois avant de lâcher, catégorique : «Moi, je ne vote pas. Je n’ai d’ailleurs jamais voté. Je n’accorde aucun crédit à nos gouvernants.»

Ses camarades n’en pensent pas moins : «Regardez par vous-même l’état de nos routes. Nos dirigeants n’ont rien fait pour améliorer notre cadre de vie», se plaignent-ils, avant de se livrer à une partie de dominos. Il est utile de noter que pour nombre de citoyens que nous avons interrogés, la gouvernance locale et la gestion gouvernementale sont intimement liées. C’est dire l’importance de l’action publique de proximité dans l’esprit des administrés.

«Mahzala !»

Quelques entrepôts plus loin, sur la même route défoncée, nous échangeons avec deux jeunes commerçants : Merouane et Saïd. Ils ont respectivement 32 et 30 ans. Le premier, barbe drue et casquette rouge sur la tête, est spécialisé dans la vente de détergents. Il est père d’une petite fille. Le second, célibataire, est employé dans un magasin de produits alimentaires. Les deux ne cachent pas leur intention de bouder les urnes le 18 avril prochain. «Mahzala ! Cette élection est une mascarade. Avec l’histoire du 5e mandat, on a touché le fond», s’indigne Merouane, avis partagé par son voisin. Ne voulant pas se contenter comme souvent de l’abstention «passive», ils comptent participer à la manif anti-5e mandat du 22 février. «Du moment que c’est une action pacifique, j’y vais. Tu votes pour un cadre ? C’est ridicule. On n’a plus de dignité. Ça ne peut pas continuer comme ça.

LA VACHE NOIRE - TconcepT

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Bezzef !» argue Merouane. Dans la foulée, il fera remarquer : «Dans ce pays, même avec ton argent, tu ne peux rien faire !» Il nous apprend au passage que s’il y a autant de carcasses inachevées, «c’est parce que beaucoup préfèrent garder ça juste pour le commerce. Ils investissent dans les garages et ne se pressent pas de finir le haut, parce que personne n’y habite».

Et de s’étaler sur le retard de développement accumulé par une commune réputée pourtant pour sa richesse. «Nous sommes à 15 minutes de la Présidence et regardez l’état du quartier ! Par temps de pluie, je ne vous raconte pas. A la moindre averse, c’est un cloaque. Semmar mahgoura. Notre commune est marginalisée. C’est vrai qu’elle brasse beaucoup d’argent, mais ça profite plus aux autres quartiers, à Ain Naâdja, Djenane Sfari, à la cité Hayat…

On n’a même pas d’espace vert pour respirer», énumère-il. Saïd enchaîne : «La nuit, le quartier est plongé dans le noir. Nous n’avons pas d’éclairage public et ça dure depuis 1991.» D’après nos interlocuteurs, les affaires marchent moins bien ces derniers mois. «Depuis janvier, le commerce tourne au ralenti. Les gens n’ont plus d’argent. D’ailleurs, le savon de Marseille a désormais la cote à cause de la crise.»

«à part El Houari, je ne reconnais personne !»

Nous enjambons le pont qui mène vers la route de Baraki. Près du site de l’ancien bidonville de Semmar, précisément à Haï Remli, des camions et semi-remorques sont parqués sur une aire de stationnement, tandis que, sur notre droite, un stade de foot a été aménagé, faisant écho à une pancarte sur laquelle on peut lire : «Biens de l’Etat. Terrains affectés à des stades de proximité.» Nous passons devant une décharge spécialisée dans les déchets ferreux qui sont très prisés. Nous longeons ensuite le mur d’une interminable caserne. Nous voici à présent au cœur de la ville de Baraki. Celle-ci a connu, ces dernières années, une expansion urbaine vertigineuse.

L’une des artères principales arbore une avenue commerçante aux vitrines rutilantes, où alternent boutiques de prêt-à-porter, magasins d’électroménager, fast-foods et autres boutiques de téléphonie mobile. Discussion avec Mohamed, 30 ans, célibataire, coiffeur de son état, dressé devant un salon de coiffure vide. Lui non plus n’a pas l’intention de voter, encore moins pour un «Bouteflika momifié». «Khallouh iriyah (laissez-le se reposer)» clame-t-il. «Aucun des candidats en lice ne répond à mes critères», assène le sympathique coiffeur. Et quels sont ses critères ? «Un bon Président doit être d’une moralité impeccable et il faut qu’il craigne Dieu», dit-il. Même l’islamo-chic Makri ne trouve pas grâce à ses yeux.

Grossiste coiffure pour cheveux courts-Acheter les ...

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Un client pressé nous interrompt. Avant de nous quitter, Mohamed insiste sur l’éternel problème du logement. «Cela fait des années qu’on a déposé une demande de logement social, en vain», soupire-t-il. A quelques encablures de là, des cités d’habitation de construction récente poussent à perte de vue jusqu’à Bentalha, empiétant sur les terrains agricoles.

Bienvenue à la cité des 128-Logements ! Un groupe d’hommes s’affaire à nettoyer une décharge débordant d’immondices à l’orée d’un pré verdoyant. L’un d’eux, ammi Larbi, 75 ans, piochant à la main, ne mâche pas ses mots. Il ne fallait pas le lancer sur le sujet de la présidentielle. «Moi, à part El Houari (le président Boumediene, ndlr), je ne reconnais personne !» entonne-t-il. Ancien chauffeur de taxi, Ammi Larbi a la langue incisive et une fine connaissance de la société. Comme nombre de ses voisins, il habitait dans un bidonville près de Bachdjarrah et a été installé ici en 2015. L’homme ne cache pas sa frustration de se retrouver dans un petit F3. «Je n’ai pas du tout pavoisé quand on m’a attribué ce logement. Avant, j’habitais à la ferme Ben Boulaïd. J’avais 8 baraques. J’avais 200 poules, des chèvres, des vaches, un jardin potager. Ici, je me suis retrouvé dans une cage à poules, entassé avec mes fils qui sont en âge de se marier et je ne peux plus bouger comme je veux.»

«Les logements sociaux, c’est l’argent du peuple !»

Pour lui, les logements sociaux qui ont été distribués ces dernières années ne sont pas un cadeau mais un devoir gouvernemental, et Bouteflika, selon lui, n’a pas à être remercié comme le veut la musique officielle, «puisque c’est avec l’argent du peuple et les ressources naturelles de l’Algérie qu’ils ont construit ces logements». L’ancien «taxieur» n’arrive visiblement pas à faire le «deuil politique» de Boumediène : «Vous voulez que je vote pour qui ? Depuis qu’El Houari nous a quittés, khlas, il n’y a eu plus personne de sa trempe.

On n’a plus de gouvernement, el hokm makache. Avec tout le pétrole qu’on a et ils te disent  »al azma » ! Où va cet argent ? El Houari mangeait dans l’assiette des pauvres pour être proche du peuple, et aujourd’hui, un simple maire se prend pour un nabab. Chaque fois que tu vas le voir, ijtimaâ, il est toute sa vie en réunion celui-là ou quoi ?» Inarrêtable, ammi Larbi en remet une couche : «En 1962, je nourrissais un grand espoir pour notre pays. Au final, on n’est même pas fichus de fabriquer une ‘bligha’ (une paire de claquettes).» Ammi Mohamed, 64 ans, travailleur communal à la retraite, prend le relais et fulmine : «Je ne vote ni pour Bouteflika ni pour personne.

Ils sont tous du même moule !» «Même un gamin de 4 ans sait que Bouteflika est cuit. C’est honteux ! Le pauvre, il ne peut même pas tenir un stylo et ils le forcent à se présenter pour continuer à piller le pays. Ils s’en sont mis plein les poches et ils veulent continuer à se servir. Mais nous, le peuple pauvre, le peuple des analphabètes, on compte pour du beurre. Notre voix n’a aucune importance.» Comme ammi Larbi, ammi Mohamed évoque son ancienne vie avec un brin de nostalgie : «Moi, j’étais tranquille à Staouéli, on nous a délogés de force au prétexte qu’on habitait dans du ‘fawdawi’ (bidonville). Maintenant, on fait la chaîne pour dormir. On n’a aucune intimité. Là où j’étais, on avait de l’espace, je pouvais recevoir mes invités, ici, on est les uns sur les autres. Mes enfants sont grands, comment je vais les marier ? N’ont-ils pas le droit de fonder une famille, d’avoir des enfants ?»

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Et de poursuivre : «Je touche 20 000 DA. Ma pension de retraite ne tient pas une semaine. Mes enfants ne travaillent pas. Il faut trouver une solution à ces jeunes. Ouladna rahoum dhayîne. Nos enfants sont perdus. Je peux me contenter d’une baguette et d’une pochette de lait, mais qu’on trouve une solution à nos enfants. Ils sont en proie à la drogue, au chômage, à tous les vices.

Après, on se plaint que des jeunes agressent des filles dans la rue. L’urgence, c’est la jeunesse. Occupez-vous des jeunes !» martèle-t-il avant d’émettre cette prophétie : «Le peuple zawali, le peuple analphabète, n’a pas son mot à dire. Mais tôt ou tard, ce peuple va exploser !»

Stephan - Coiffure Accueil

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Park - Centre commercial La vache noire | Franck | Flickr

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